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quinta-feira, 28 de junho de 2012

A Morte de Nora Ephron

Nora Ephron, jornalista, ensaísta e talentosa roteirista americana faleceu na última terça, dia 26. Responsável pelos roteiros dos sucessos hollywoodianos "Harry e Sally: Feitos um para o outro" e "Julie e Julia", Ephron lutava há alguns anos contra a leucemia. LivresHebdo relembra a marcante trajetória desta grande artista da palavra. Confira! 

LivresHebdo

Disparition de l'essayiste et journaliste Nora Ephron

Décédée à l'âge de 71 ans hier, cette New Yorkaise était passée de l'écrit à l'écran en signant des scénarios adaptés ou en réalisant des comédies romantiques.
Agée de 71 ans, la journaliste, essayiste, scénariste et réalisatrice Nora Ephron, est décédée à New York à la suite d’une pneumonie mardi 26 juin.
On lui doit des comédies romantiques célèbres comme Quand Harry rencontre Sally (1989) dont elle a écrit le scénario ou Nuits blanches à Seattle (1992) qu'elle a également réalisé.

Mais Nora Ephron avait commencé sa carrière dans le journalisme, travaillant notamment pour des grands titres comme Newsweek, le New York PostEsquire ou, récemment, le Huffington Post. Elle avait également été mariée à Carl Bernstein, le célèbre investigateur du Watergate au Washington Post. C’est en retravaillant le script du film Watergate qu'elle entreprit une carrière de cinéaste. Son divorce avec Carl Bernstein lui inspira l’écriture de son roman, La Brûlure (qu'elle adapta pour le cinéma), actuellement épuisé. Robert Laffont avait publié par ailleurs C'est cuit, dit elle en 1984 et Plon avait édité le très autobiographique J'ai un problème à mon cou : et autres considérations sur la vie de femme en 2007.  Il y a deux ans, elle publiait ses Mémoires aux USA, I Remember Nothing : And Other Reflections.

Son dernier film, Julie et Julia (2009) avait valu à son actrice principale, Meryl Streep, une nomination à l'Oscar de meilleure actrice. Le film était l'adaptation de deux livres : Julie & Julia de Julie Powell et My Life in France de Julia Child et Alex Prud'homme.





LivresHebdo

segunda-feira, 26 de dezembro de 2011

A Morte de um Caixeiro Viajante



George Whitman, dono e animador da lendária livraria parisiense Shakespeare and Company, está morto. Salve Whitman! Testemunha do século XX, Whitman foi uma das personalidades mais marcantes da cena livresca (e literária) francesa. Pierre Assouline, em seu La République des Livres, legou ao livreiro uma bela homenagem. Confira o elogio aqui em nosso Livre Messager.



Le Libraire de "Shakespeare" salue la Compagnie



Pierre Assouline

 La mort d’un libraire vaut bien celle d’un commis voyageur ; et celui qui vient de refermer son dernier livre à 98 ans, sur la rive gauche de la Seine en face de Notre-Dame, est des rares qui trouvera certainement son Arthur Miller pour mettre sa vie en pièce. Il est vrai que George Whitman, sans lien de parenté avec le Whitman des poèmes de Feuilles d’herbe, était une légende vivante qui avait fait de sa librairie un mythe international. C’est peu dire qu’il l’incarnait ; d’ailleurs, il habitait au-dessus. La physionomie du bonhomme annonçait l’âme de son entreprise : bordélique, foisonnante, poussiéreuse, surprenante, et dotée d’un charme incontestable. Imaginez un capharnaüm de livres neufs et anciens en langue anglaise que l’on eut dit chu des pages d’un Dickens ; des volumes rangés dans un désordre approximatif, selon une logique qui défie aussi bien les lois de la bibliographie que celles de l’apesanteur.

C’est Shakespeare and Company, un antre d’où l’on ressort rarement les mains vides tant on est sûr d’y trouver ce que l’on n’y cherchait pas. Whitman se voulait l’héritier spirituel de la librairie du même nom fondée entre les deux guerres non loin de là, rue de l’Odéon, par Sylvia Beach ; en hommage et gratitude, même si l’on dispute encore la question de savoir si elle l’avait vraiment autorisé à en reprendre la prestigieuse enseigne, il a nommé sa fille, qui lui a succédé, Sylvia Beach Whitman. Lui-même ouvrit ses portes en 1951, trop tard pour révéler James Joyce, mais assez tôt pour y accueillir régulièrement Henry Miller, Anaïs Nin, Samuel Beckett, Allen Ginsberg, Lawrence Durrell, William Burroughs, James Baldwin, pour la plupart devenus des amis, ce dont ce romancier raté mais libraire accompli n’était pas peu fier. Il est vrai que, de sa librairie, il a su faire un lieu de rencontres unique en son genre ; le premier étage tout en recoins et passages étroits, qui ressemble au rez-de-chaussée regorgeant de livres du sol en plafond (claustrophobes s’abstenir), est en fait une bibliothèque, avec ses canapés pourris et son piano à peu près accordé ; les habitués y passent des journées à lire, bavarder, écouter de la musique ; certains empruntent des livres ; d’autres les volent (entre 10 et 15% de perte sèche) ; quelques uns dorment là, une nuit ou deux, une semaine ou plusieurs mois selon les humeurs. On les appelle « les résidents ».

En retour, le maître des lieux, tyrannique à ses heures, qui se disait humaniste et communiste à la manière dont d’autres se présentent comme contribuables et mobilisables, leur demandait d’avoir un projet d’écriture et de s’engager à lire un livre par jour, à aider au rangement des ouvrages et à écrire leur autobiographie en une page (la librairie en possède ainsi environ 20 000) ; il y a toujours entre deux et dix résidents à la librairie ; on se souvient qu’un poète y a même vécu sept ans… Refuge des lecteurs autant que des écrivains, des critiques que des poètes, sa librairie est devenue une institution ; elle n’a pas pour autant perdu son cachet romantique. George Whitman n’est plus mais sa générosité et son excentricité demeurent ; tout lecteur de bonne foi qui en franchit le seuil pour la première fois en est saisi. Rien ne devrait changer de ce qui fut : « Nous avons tout de même installé un système de vidéo surveillance, ce qui a permis de limiter les dégâts (George était d'accord). Nous préférons, dans une certaine mesure, être volés que d'altérer l'ambiance et la philosophie de la librairie. La très grande majorité des visiteurs et lecteurs sont honnêtes, et viennent pour les bonnes raisons » remarque David Delannet, co-gérant de la librairie.

La crémation de George Withman s'est déroulée jeudi après-midi au Père-Lachaise ; plus tard, il est prévu d’installer une sculpture de Don Quichotte sur sa tombe. Après des lectures de poèmes de son idole Walt Whitman et de lui-même tant qu’à faire, mais aussi de Dylan Thomas et Lawrence Ferlinghetti, la cérémonie des adieux s'est poursuivie jusque tard dans la soirée par l’hommage enflammé que les siens lui avaient préparé, à la librairie naturellement ; un peu de champagne, des brassées de poèmes, de la conversation. On y a probablement commenté la dernière initiative d’Amazon, une boutique qui vend aussi des livres, un peu comme Shakespeare and Company, mais dans un genre légèrement différent : ils ont demandé à leurs clients de se rendre dans une librairie de leur choix, d’y scanner avec leur téléphone portable muni d’une application spéciale le code-barre du livre qu’ils souhaitent acheter, de constater que l’offre en ligne est moins chère et de l’envoyer à Amazon qui se fait un plaisir en retour de leur offrir une ristourne supplémentaire. Ses managers (il n’y a pas de libraire dans la plus grande librairie du monde) voudraient-ils élever l’arrogance et le cynisme au rang d’un des beaux-arts qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Shakespeare, reviens vite nous tenir compagnie !

 
 
La République des Livres
 


sábado, 20 de agosto de 2011

Le Dessinateur Tabary s´efface

Si l'on a tous en mémoire son infâme Iznogoud, le dessinateur-scénariste-éditeur a aussi créé de nombreux personnages marquants du 9e art.


LivresHebdo


Le dessinateur Jean Tabary, qui a créé avec René Goscinny le personnage de bande dessinée Iznogoud, celui-là même qui s'obstinait à "être calife à la place du calife", est mort jeudi à l'âge de 81 ans, a annoncé vendredi à l'AFP sa fille Muriel, confirmant ainsi les informations d'ActuaBD parues plus tôt dans la journée.

"Mon père avait subi un accident vasculaire cérébral en 2004 puis s'était mal remis de son veuvage l'année suivante", a précisé Muriel Tabary-Dumas, responsable des Editions Tabary. L'AVC avait eu lieu en pleine promotion de son dernier album en 2004, La Faute de l'Ancêtre. Il ne pourra plus dessiner par la suite.

Il sera enterré religieusement mercredi à Pont l'Abbé d'Arnoult (Charente-Maritime), où il avait installé sa maison d'édition familiale, les Editions Tabary, créée en 1979, avec son épouse Colette.

Jean Tabary dessinait Iznogoud, le grand vizir de Bagdad, depuis 1962, date à laquelle il avait croqué le personnage sur des scénarios de René Goscinny. Les aventures du potentat débonnaire Haroun el Poussah paraissent d'abord dans le magazine Record, mais très vite l'ignoble Iznogoud vole la vedette au calife. Personnage cruel et malchanceux, Iznogoud allait devenir l'une des figures marquantes du 9e art, avec de multiples jeux de mots et calembours bien plus inventifs que dans les autres séries écrites par Goscinny. En 1966, le détestable arriviste apparait dans un premier album, Le grand Vizir Iznogoud. En 1968, la série Iznogoud se poursuit dans l'hebdomadaire de BD Pilote.

Après le décès du scénariste en 1977, Tabary avait continué seul. Iznogoud avait été adapté en série animée de 52 épisodes pour la télévision dans les années 90 puis au cinéma par Patrick Braoudé, avec Michaël Youn qui campait le vizir face à Jacques Villeret en calife. Le film, sorti en 2005, fut un échec financier.

Tabary a signé 13 albums avec son comparse jusqu'à la mort de celui-ci. Puis il reprend seul dessin et scénario, allant jusqu'à produire 27 albums au total. Les albums d'Iznogoud, traduits dans une quinzaine de langues et d'abord publiés chez Dargaud, se sont vendus à plus de dix millions d'exemplaires, selon le site web des éditions Tabary.

Jean Tabary était né le 5 mars 1930 à Stockholm, où son père violoniste était en tournée. Il débute en 1956 dans l'hebdomadaire Vaillant avec Richard et Charlie. Dès 1958, il publie dans Pif Totoche, contant les cent coups d'un titi parisien et de sa bande de copains à Belleville. Le personnage est le héros de 11 albums. Suivent Corinne et Jeannot, deux copains de Totoche qui s'émancipent, la fille tyrannisant sans cesse le garçon. La série s'est déclinée en sept volumes.

En 1960, il commence sa collaboration avec Goscinny qui le recrute à Pilote : ils donnent naissance à Valentin, le vagabond (5 albums). N'oublions pas enfin les personnages cultes, imaginés en 1958, de Grabadu et Gabaliouchtou, dont l'intégrale a été préfacée par Gotlib.

Ses trois enfants ont pris le relais en publiant en 2008 un 28ème album, Les mille et une nuits du calife. Son fils Nicolas est aux pinceaux, sa fille Muriel et son autre fils Stéphane imaginent l'histoire.




sábado, 23 de julho de 2011

Lucian Freud (1922 - 2011)


"Mon objet, quand je peins des tableaux, c´est de mettre à l´épreuve les sens et de les émouvoir en proposant une intensification de la réalité." Faleceu na última quarta, dia 20 de julho, o pintor britânico Lucian Freud. A citação anterior abre a versão francesa de Some Thoughts on Painting, um dos raros escritos de Freud. Um dos maiores nomes das artes plásticas européias da segunda metade do século passado, Lucian Freud marcou presença com a tensão de seu realismo, onde a crueza e o desconforto das comunicações emocionais postas pelo corpo são mostrados com toda dramaticidade e violência. Neto mais famoso do pai da Psicanálise, o austríaco Sigmund Freud, Lucian, tal como o avô, era reverenciado na França. O Centre Georges Pompidou, em Paris, abrigou no ano passado uma grande retrospectiva de seu trabalho - seu catálogo foi publicado pelo serviço comercial do centro Pompidou e consta em nosso acervo. Confira as publicações de e sobre Lucian Freud disponíveis na Livraria Francesa.


Lucian Freud : L´Atelier
Ed. du Centre Pompidou

Catálogo integral da exposição ocorrida no Centre Pompidou no ano passado. A direção da obra está a cargo de Cécile Debray, curadora do evento.





Lucian Freud au Centre Pompidou
Beaux Arts

Especial da revista Beaux Arts com textos de Itzhak Goldberg, Fanny Drugeon, Judicaël Lavrador, Marie-Laure Delaporte, Éric Darragon e Isabelle de Wavrin; abrindo a brochura, uma entrevista com Cécile Debray.






Lucian Freud : L´Atelier
Ed. du Centre Pompidou


Versão reduzida do catálogo da mostra.




Quelques Réflexions sur la Peinture / Some Thougths on Painting
Ed. du Centre Pompidou

Intervenção crítica do próprio artista, ilustrada com algumas telas. Cécile Debray assina o posfácio do bouquin que apresenta, como estampa sua contra-capa, de manière unique une sorte de manifeste esthètique do criador de Benefits Supervisor Sleeping.



Lucian Freud : Le Corps et l´Horizon
Daniel Klébaner
Ides et Calendes

Ensaio sobre a relação entre o corpo e a realidade na obra de Lucian Freud.






Lucian Freud : Peintre de la Nudité
Philippe Comar
Gallimard - Découvertes

Ensaio sobre uma das grandes obsessões do artista: o nu.




quinta-feira, 3 de fevereiro de 2011

La Mort d´Édouard Glissant


"Soleil de la conscience" des mutations de notre monde, le poète penseur martiniquais est décédé ce jeudi 3 février à Paris.


Valérie Marin La Meslée


Qui sait qu'un homme d'une importance considérable pour ses semblables est mort jeudi matin à Paris ? Son nom est Édouard Glissant. Né en Martinique en 1928, il était poète avant tout, même quand il était philosophe et romancier (prix Renaudot 1958 pour La Lézarde, du nom de la rivière voisine de son morne Bézaudin). Colosse à la voix frêle, grand amoureux de la vie au regard malicieux - il faut le voir avec son plus jeune fils, Mathieu, revenir sur les lieux de l'enfance, dans le film Empreintes (rediffusion sur France 5 le 6) -, ce penseur immense au coeur malade, déjà, nous a quittés à l'âge de 82 ans. Or, Glissant s'en est allé avant que le plus grand nombre sache l'indispensable de son oeuvre, sa pensée humaniste pour la compréhension profonde et durable de notre temps. Pourquoi ? Réputé difficile d'accès, l'inventeur du "Tout-Monde" n'avait pas le sens du compromis. C'était tout ou rien. Et si on ne voulait pas de lui comme il était, il choisissait de rester intègre à son oeuvre plutôt que d'en souffrir la déformation simplificatrice.

Mais la réputation qui entoure Glissant est excessive, voire abusive, car il n'est pas si "compliqué" d'accéder à ses écrits. Il suffit de se laisser porter par le cours de ses phrases comme le corps épouse la vague. Alors, on sent bouger les profondeurs du monde, les mouvements qui le rythment et les relations qui unissent chaque être à l'autre, quelle que soit son origine. Glissant a tout dit du métissage, de la diversité, des migrations, des conversations possibles entre les hommes au-delà des frontières, des notions de nation ou d'identité de nos jours, et pour ceux qui nous attendent. Il a pensé les mutations de notre temps comme aucun autre.


Le Tout-Monde

Bien sûr, de là où il était né, ce petit pays mêlé de Martinique, creuset de races et de peuples, laboratoire des différences réunies en un lieu marqué par l'esclavage, dépendant de la France, le poète a montré que l'Histoire avait donné à l'Occident la supériorité du discours, la grandeur de la conquête, la puissance du colon. Son premier grand poème, "Les Indes" (1956), donne à entendre la conquête par la voix du conquérant et par celle, toujours absente, du conquis. La même année, son essai Soleil de la conscience devine "qu'il n'y aura plus de culture sans toutes les cultures, plus de civilisation qui puisse être métropole des autres, plus de poète pour ignorer le mouvement de l'Histoire". Tout est déjà en marche dans ce livre magnifique et majeur. Et facile, qu'on se le dise ! Il est réédité par Gallimard, comme la plus grande partie de son oeuvre. Du laboratoire antillais, Glissant étend l'expérience de ce qu'il nommera le "Tout-Monde" au monde entier, et invente le concept non pas de créolité, trop refermé, mais de créolisation, processus ouvert et en marche qui repose sur cette phrase à méditer pour longtemps : "Je peux changer en échangeant avec l'autre sans me perdre ni me dénaturer."

La "poétique de la relation" est née. Elle montre qu'à travers les dialogues féconds entre les imaginaires, chaque localité, chaque espèce, à l'heure de la mondialité, cette "réalité prodigieuse", envers de la mondialisation uniformisante, peut faire entendre sa partition.

Son dernier opus, l'incroyable poème universel tissé de textes venant de toutes les cultures et de toutes les époques, son Anthologie poétique du Tout-Monde, en témoigne. "Un livre pour une vie", dit Emmanuelle Colas, qui, depuis 2007, a donné, au sein de sa maison d'édition Galaade, une visibilité à Glissant grâce à une succession de petits textes en forme de manifestes, souvent rédigés en collaboration avec Patrick Chamoiseau, tous deux formant un binôme de maître et de disciple. "Quand les murs tombent" (auquel d'une certaine façon est venu répondre "L'éloge des frontières" de Régis Debray), "L'intraitable beauté du monde", adresse à Barack Obama dont ils saluèrent ensemble l'avènement, ou encore cette anthologie de textes sur l'esclavage, que l'éditrice voudrait pouvoir diffuser auprès de tous les lycéens...


Bruits

Lire Glissant, c'est d'abord sentir, ressentir les imaginaires qui sont de plus en plus amenés à se côtoyer dans le monde, c'est dépasser ce que ses détracteurs nomment "abscons" pour écouter, derrière les concepts, les bruits du monde tel qu'il est. D'ailleurs, Édouard Glissant était très patient dans sa grande impatience. Il a enseigné plus de vingt ans aux États-Unis. Et se montrait toujours prêt à répéter une définition, car la répétition, et même le ressassement revendiqué, faisait partie des notions qu'il prônait : manière d'ancrer son rapport au monde dans les consciences, lentement, mais sûrement. Il invitait à prolonger les échanges au sein de l'institut du Tout-Monde, qu'il a créé avec les indéfectibles soutiens de la Maison de l'Amérique latine et de la fondation Agnès B et que dirige son épouse Sylvie. Pour commencer à arpenter l'archipel Glissant, son dernier livre d'entretiens avec Lise Gauvin, L"imaginaire des langues, qui vient de paraître chez Gallimard, est une entrée limpide à conseiller. Pour prendre la mesure du monde tel que sa pensée nous l'éclaire, sous le soleil de cette conscience unique et que l'oeuvre immortalise.

Interviewé chez lui en mai 2010 pour la parution de son Anthologie poétique du Tout-Monde (éd. Galaade), Édouard Glissant parle de l'identité-relation.


Le Point

quinta-feira, 23 de dezembro de 2010

Hommage à Jacqueline de Romilly


L’académicienne Jacqueline de Romilly, auteur d’une œuvre de référence sur l’histoire, la langue et la civilisation grecque antique, s’est éteinte le 18 décembre à l’âge de 97 ans.

Noémie Sudre


Avant de devenir la principale figure de l’hellénisme en France, Jacqueline de Romilly (née Jacqueline David le 29 mars 1913 à Chartres) fut souvent la « première femme » : l'une des premières lauréates du concours général, quand il fut ouvert aux femmes, en 1930. La première femme professeur au Collège de France en 1973, la première femme élue à l’Académie des inscriptions et belles lettres en 1975... et la deuxième, après Marguerite Yourcenar, à revêtir l’habit vert des académiciens, en 1988. Depuis la mort de Claude Lévi-Strauss, elle en était d’ailleurs la doyenne.

Ce parcours exceptionnel fut suivi d’une œuvre à la hauteur. Une œuvre engagée : à travers ses études sur le monde hellénique, Jacqueline de Romilly a livré une défense pugnace de l’enseignement du grec ancien, nécessaire à ses yeux pour appréhender la démocratie. Notre collaborateur Pierre Assouline a réagi très promptement, sur son blog, à la nouvelle de cette disparition : «Ne jamais plier, ne jamais renoncer, ne jamais abandonner. Cette helléniste en colère avait une idée fixe et elle s’y est tenue durant toute la seconde moitié de sa vie jusque dans sa nuit au cours de sa dernière décennie : sauver les Humanités coûte que coûte. Marteler encore et encore dans tous les médias qui voudraient bien lui tendre un micro le principe selon lequel les langues anciennes étant le socle des idées contemporaines, pas seulement la démocratie mais le sens même de l’humain, tout honnête homme se doit d’en passer par elles». De son côté, son éditeur et ami Bernard de Fallois, a exprimé sa tristesse et son émotion : «Depuis longtemps elle était très malade, mais pour tous ses amis, c'est quand même un très grand choc. (…) Elle désarmait par son espèce d'autorité naturelle. Elle avait ce mélange de simplicité, de sérieux et de gaîté des grands professeurs». Hèlene Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, a quant à elle, rendu hommage à cette «femme qui a porté toute sa vie la langue et la culture grecques parce qu'elle considérait (...) que c'était une éducation (...) à la compréhension de la liberté de l'individu, de l'attachement à la démocratie».

«Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais», livrait récemment la grande dame au Figaro. Une façon modeste d’évoquer une carrière exemplaire : reçue à l'École normale supérieure en 1933, elle obtient son agrégation de lettres moderne en 1936 et devient professeur de lycée à partir de 1939. Elle est ensuite nommée maître de conférences en 1949, puis professeur titulaire en 1951 à la faculté des lettres de Lille, avant de devenir professeur de langue et littérature grecques à la faculté des lettres de Paris de 1957 à 1973. Elle tient ensuite la chaire «La Grèce et la formation de la pensée morale et politique» de 1973 à 1984 au Collège de France.

Après son plaidoyer L'enseignement en détresse (éd. Julliard, 1984), elle fonde en 1992 une Association pour la sauvegarde des enseignements littéraires. «Je regrette que l'on n'œuvre pas suffisamment pour ce qui développe la formation de l'esprit par la culture, par les textes et l'intimité avec les grands auteurs, perdant ainsi un contact précieux avec ce que les autres ont pensé avant nous», estimait-elle.

En marge de ses recherches, Jacqueline de Romilly a fait paraître, aux éditions de Fallois, d’innombrables ouvrages qui évoquaient notamment l’histoire de Thucydide, les théâtres d’Eschyle et d’Euripide, et la guerre du Péloponnèse. Sa frénésie d’écriture ne s’est jamais apaisée : bien qu’atteinte de quasi cécité, elle a publié, depuis 2007, Dans le jardin des mots, Le sourire innombrable (en 2008), Les révélations de la mémoire (en 2009), et enfin La grandeur de l’homme au siècle de Périclès (en juin dernier). Ses Petites leçons sur le grec ancien, ont été récemment rééditées en livre de poche.

Un nouvel ouvrage de Jacqueline de Romilly, "encore tenu secret", selon Bernard De Fallois, sera publié courant 2011 et plusieurs de ses ouvrages dont le dernier, sont largement réimprimés dont le dernier à 10000 exemplaires.
Retenons l’un de ses préceptes : «La solitude, on peut aussi l'appeler liberté, il faut seulement, comme pour la liberté en général, savoir la vivre et en vivre».



terça-feira, 14 de setembro de 2010

Morre o Diretor Francês Claude Chabrol, um dos Mentores da Nouvelle Vague


Tiago Faria


"No cinema, o que me fascina é o mistério", observou o cineasta Claude Chabrol à revista Positif, em 2005. A afirmação pode parecer redundante: numa longa trajetória, com mais de 50 títulos para o cinema e a tevê, o diretor declarou em diversas ocasiões a admiração por filmes de suspense, sobretudo aqueles assinados por Alfred Hitchcock. Mas, muito além das tramas intrincadas que são típicas do gênero, era um outro enigma que arrebatava um dos principais mentores da nouvelle vague. "Apesar de ter feito vários thrillers, eu não me interesso verdadeiramente pelas tramas dos filmes. O que me motiva é o mistério que existe em cada personagem", explicou o cineasta.

Com a morte de Chabrol, aos 80 anos, o cinema perde um olhar vigilante (e, em muitos momentos, profundamente irônico) para as relações humanas. "Acredito nas estruturas narrativas que nascem do confronto entre diferentes personagens. É uma química da afinidade", definiu. Desde 1958, quando lançou o primeiro longa-metragem ("Nas garras do vício"), o parisiense demarcou um estilo austero que não parecia - pelo menos à primeira vista - dialogar com as experimentações radicais de Jean-Luc Godard ou com o sentimentalismo de François Truffaut, colegas da revista Cahiers du Cinéma.

Chabrol defendeu uma guerrilha mais sutil: respeitou muitas das convenções do cinema narrativo americano, "clássico", sem com isso abrandar a verve da contestação. Uma de suas maiores referências, o austríaco Fritz Lang, o ensinou a valorizar o engenho, a carpintaria do cinema, a transitar por diferentes gêneros. Ele usou esse empenho técnico, no entanto, para destilar comentários atrevidos sobre a burguesia francesa. Em "Mulheres fáceis", de 1960, provocou falatório ao mirar a lente venenosa para o cotidiano de quatro mulheres de Paris. "Eu quis fazer um filme vulgar sobre pessoas estúpidas. Mas ele não é um retrato pessimista sobre o ser humano, e sim sobre a forma como ele vive", comentou, em 1963, à revista Movie.

O tom crítico dos filmes de Chabrol, ainda que incisivo, foi alvo frequente de mal-entendidos. Nos anos 1960, ganhou a pecha de cínico e frio. Mas reverteu o estigma com sucessos comerciais como as fitas de detetive "Frango ao vinagrete" (1985) e "Delegado Lavardin" (1986). Hoje, é reconhecido como um dos pioneiros da renovação do cinema francês (na virada da década de 1950 para a de 1960), e um dos autores mais prolíficos da segunda metade do século 20. "Ele era um grande cineasta que mostrava humor e truculência, tanto nos filmes quanto em sua vida", definiu o presidente Nicolas Sarkozy, em depoimento na tevê. A morte do artista foi anunciada ontem pelo chefe do departamento de cultura da prefeitura de Paris, Christophe Girard, sem detalhes sobre a causa do falecimento.

A Arte da Cinefilia
Como os jovens críticos da Cahiers do Cinéma com quem conviveu, Chabrol fez da cinefilia um ofício. Antes de escrever sobre filmes, trabalhou no departamento de publicidade da Fox. Em 1956, com o dinheiro de uma herança, formou uma pequena companhia de produção e financiou o curta "Le coup de Berger", dirigido por Jacques Rivette. Do próprio bolso, produziu "Nas garras do vício" e "Os primos", obras inaugurais da nouvelle vague. Ao longo da carreira, refletiu sobre temas como sexualidade, relações amorosas e a crise moral da burguesia. Sem abandonar, contudo, o gosto por gêneros populares do cinema americano, como o noir e o melodrama. A exemplo dos ídolos hollywoodianos, recusava poucos projetos que eram oferecidos a ele.

Para um autor tão comprometido com os personagens, o trabalho com atrizes como Stéphane Audran (de 25 filmes, entre eles as obras-primas "A mulher infiel" e "O açougueiro'), com quem se casou, e Isabelle Huppert (de fitas como "Mulheres diabólicas") se mostrou essencial para o estilo que desenvolveu. Em 2009, recebeu um prêmio pelo conjunto da obra no Festival de Berlim. Naquela época, lançou o último longa, o thriller derradeiro, "Bellamy", em que comemorou os 50 anos de carreira trabalhando com Gerard Depardieu. Entre as produções recentes, "A teia de chocolate" (2000), "A dama de honra" (2004), "A comédia do poder" (2006) e "Uma garota dividida em dois" (2007) são provas de que o cineasta não diluiu as marcas que o consagraram: a elegância e a petulância.



Correio Braziliense, 13 de setembro

terça-feira, 24 de agosto de 2010

Um ano de Livre Messager


Com uma nota sobre a seleção final do Prix des Cinq Continents de 2009, estreava em 22 de agosto do referido ano Le Livre Messager, o blog da Livraria Francesa. Destinado a ser, muito mais que um mero veículo de divulgação comercial de uma casa livreira, um amplo e democrático espaço de encontro dos amantes da língua francesa e da cultura francófona, Le Livre Messager, nestes doze meses de trajetória, tem se juntado à várias e bem sucedidas iniciativas brasileiras de difusão do esprit français na Web, tornando-se um referencial virtual sobre a cultura deste idioma sem fronteiras, língua de expressão de Christine de Pizan e de Georges Palante, de Collete e de Marie Ndiaye, de Dai Sije e de Ahmadou Kourouma, de François Weiergans e de Antonine Maillet, de Gabrielle Le Roy e de Andrei Makine. Cultura de uma língua universal, acolhedora do outro, refúgio para os oprimidos, em constante renovação semântica e rítmica, de riqueza melódica e beleza estrutural únicas. Cultura peregrina, sempre migrante, mestiça, mensageira engajada de um novo amanhã.

A gratidão à todos aqueles que acompanham nosso Livre Messager é imensa, especialmente aos blogs, sites e perfis que fazem parte de nossa rede de seguidores: Brésil-France Actualités, Aquarelart, Jeferson da Costa Valadares, Renascence Ballet, Santuário Vivo, Adriano, Gentil , Tchu1, Cláudia, Nana Ivanova, Imaculada Conceição, Samila, Sil, Artes e Linguagens E. M. Mario Piragibe, Núcleo de Artes Grande Otelo, Juliana, K, Angelina Corrêa de Souza Renard, Fábrica de Crêpes Henri´s, Zília, JC, Aninha Apolinário, Beth Bento, Letícia M, Nicholas M. F., Sotaque Francês. Agradecemos também aos amigos seguidores dos blogs Café Monteil e Portifólio FLE, projetos decorrentes de nosso mensageiro: Le Petit Promo, fatimaloucaporcrêpes, Camila, Rosa, Douglas Nascimento, Nine Copetti. Nosso carinho também vai à Le Club Jean Briant de Français; vez ou outra o club faz menção aos nossos posts. Celebremos juntos esta data!

Mais um ano se abre ao nosso Messager. Que ele possa ser um ano fecundo em oportunidades, próspero em horizontes renovados; um ano de partilha de conhecimento e de alegrias; um ano de encontro e de realizações; um ano de cumprimento de missão. Um ano de serviço diligente na promoção da educação e da cultura em nosso País.

Bravo, Livre Messager !


quarta-feira, 18 de agosto de 2010

Patrick Cauvin meurt à 77 ans


De son vrai nom Claude Klotz, l'auteur avait publié cette année Une seconde chance (Plon) et L’immeuble (Le cherche midi).

LivresHebdo.fr


Claude Klotz, plus connu sous le pseudonyme de Patrick Cauvin, a succombé au cancer vendredi 13 août.

Né à Marseille, le 6 octobre 1932, Klotz se fait connaître avec des polars noirs et sang, édités par J.C. Lattès, Fleuve noir et Albin Michel. Rivages avait publié son dernier thriller, Darakan, en avril 2009.

C’est sous le nom de Patrick Cauvin qu’il était le plus connu. J.C. Lattès l’avait révélé avec
E=mc2, mon amour (1977). Il a ensuite enchaîné les parutions au rythme d’un livre par an : Pourquoi pas nous ? (1978), Huit jours en été (1979), C’était le Pérou (1980) et Nous allions vers les beaux jours (1981), un récit sur la Shoah.

Entre-temps, il avait rejoint Albin Michel qui édita Laura Brams, Haute-Pierre,
Povchéri, Rue des Bons-Enfants, Menteur, Villa Vanille, Le silence de Clara, Le sang des roses, La reine du monde, Pythagore mon amour, la suite d’E=mc2, mon amour, ou encore Haute-Pierre qui reçoit le prix Vogue Homme en 1986.

Plon publia son Dictionnaire amoureux des héros chez Plon et son dernier roman, Une seconde chance (janvier 2010).

La plupart de ses livres sont disponibles au Livre de Poche.

Touche-à-tout, cet ancien professeur de français avait écrit un portrait du sport qu'il affectionnait tant, le football, illustré par Enki Bilal (Hors jeu, Autrement et Casterman), un recueil de nouvelles (L’immeuble, Le Cherche Midi, paru le 12 août dernier), des bandes dessinées (Bellagamba, de Max Cabanes, Casterman), le scénario du film Le mari de la coiffeuse et le texte de la pièce de théâtre Héloïse, tous deux mis en scène par Patrice Leconte.

Il sera incinéré vendredi 20 août au crématorium du Père Lachaise à 14 h.



segunda-feira, 9 de agosto de 2010

Czeslaw Milosz : Le Vrai Moment dans sa Vie

Jean Daniel


Le XXe siècle a attendu le XXIe pour être décapité. Les princes s´en vont par un et souvent en août, sans faire de bruit. En tout cas, le souci de la posterité n´appartenait plus depuis longtemps au caractère rugueux et sauvage d´un Czeslaw Milosz, né en 1911 en Lituanie, et dont on ne sait s´il eut en 1980 le prix Nobel de littérature parce qu´il fut un grand poète, un grand Polonais ou l´un des visionnaires les plus efficacement inspirés dans la dénonciation du totalitarisme.

Je me souviens d´un jour très chaud dans un café des Halles où il s´est confié dans une sorte de mauvaise humeur cordiale : la France ! Commençons par elle ! Ce ne sont pas les Français qui lui auraient donné le prix Nobel pour ses seuls talents poétiques : "Je dois le prix Nobel aux États-Unis et à la poésie. La France a un problème avec la poésie, surtout avec celle des autres. Quand on pense qu´il a fallu attendre Baudelaire et Saint-John Perse pour juger asséchantes les règles classiques imposées après la Pléiade ! Règles qui ont étouffé l´inspiration poétique pour ses siècles et à vrai dire jusqu´à Blaise Cendrars et Apollinaire. Il faut rappeler que, déjà, les États-Unis avaient su accueillir, comme ils l´ont fait pour moi, celui qui devait devenir le plus grand poéte russe aujourd´hui : Joseph Brodsky. Ils ont été plus sensibles à ce qu´il y a de plus européen en lui."

Notre Milosz, l´auteur de ce chef-d´oeuvre, La Pensée captive, est resté longtemps amer sur la façon dont il avait été accueilli en France. Sur les conseils de son parent, le poète polonais devenu français Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, il avait cru pouvoir faire une entrée dans le Paris d´après la Libération. C´est à cette époque qu´il décide, alors que personne ne l´inquiète, de rompre avec son métier de diplomate et son pays d´origine. À Paris, il y a beacoup d´exilés des pays de l´Est, qui n´inspirent pas toujours confiance. "On ne peut rien faire avec les communistes, mais on ne peut rien faire sans eux", décrète Jean-Paul Sartre, pour qui les anticommunistes sont tous des chiens.

Le seul qui accueille vraiment Milosz, c´est Albert Camus. Ils sont tous les deux en disgrâce auprès des autorités intellectuelles communisantes. Plus tard, entre L´Homme révolté et La Pensée Captive, on découvrira bien des points de sensibilité commune. S´y ajoute vite une découverte qui éblouti Milosz. C´est Camus qui a pris l´iniciative et la responsabilité de publier toutes les oeuvres posthumes de leur grande Simone Weil. Or déjà Milosz a décidé de traduire l´auteur de L´Enracinement en polonais. Pour lui, la France est le pays qui a pu produire avec Simone Weil "un être-événement immense dans l´histoire du monde et des idées".

Après le déjeuner dont il est question ici, Milosz devient prolixe et tout excité à l´idée de parler de Simone Weil. Il m´apprend quelque chose qui, je crois, est encore ignoré. Il avait décidé de traduire un livre de Raymond Aron, qui lui aussi l´avait bien reçu à Paris. Mais, au milieu de son travail, il a décidé de s´arreter en découvrant qu´il n´etait décidément pas suffisamment d´accord avec le livre qu´il traduisait, et que son univers était décidément plus proche de celui de Simone Weil et de Camus que de celui d´Aron. Au moment de me quitter, ce poète au port impérial a, me semble-t-il, les yeus humides. Il vient d´apprendre que la première chose que Camus a faite à son retour du prix Nobel, c´était d´aller se recueillir sur la tombe de Simone Weil. Prodigieuse anedocte pour terminer. Ils sont à Paris et ils sont jeunes. Ils n´osent pas encore penser qu´ils ont du génie. Ils ne sont pas reconnus. Ils en souffrent. Ils renient le stalinisme. On le leur fera payer. Ils se rencontrent. Camus, Milosz et Octavio Paz passent quelques soirées ensemble. Plus tard, bien plus tard, ils auront tous les trois le prix Nobel...

Personnellement, et entre bien d´autres choses, je dois à Milosz d´avoir compris l´importance réelle de l´aveu dans la discipline totalitaire. On s´est demandé pourquoi, dans les procès de Moscou, de Budapest, de Prague et d´ailleurs, les procureurs mettaient tant d´acharnement à obtenir que les accusés se chargent de fautes qu´ils n´avaient pas commises. Pourquoi surtout leur fallait-il persuader leurs accusés et le monde entier qu´ils demeuraient tout de même quelque part coupables. C´est Milosz qui le premier montre que, pour que ce mensonge devienne vérité, il était indispensable qu´il fût confirmé avec éclat par les victimes elles-mêmes. C´est l´aveu de l´accusé qui sacralise l´autorité du tyran. "Milosz a plongé ses regards dans les éclairs de la tempête, il a vu la gorgone de notre temps" (Gombrowicz).



Jean Daniel
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quarta-feira, 28 de julho de 2010

Ma France


Marcel Mathiot


Je me souviens d´une histoire de pyramides : si on élevait deux pyramides à la gloire des actions généreuses accomplies par les nations, l´une pour la France seule et l´autre pour le reste du monde, celle de la France surpasserait celle du monde entier ! La France de mon enfance était le plus beau pays du monde. En grandissant, j´eus une image plus nuancée. Il m´arriva de ne pas être fier de la France conquérante et de la gloriole qui restait attachée à ses tyrans. Cependant, je trouve encore que j´ai eu de la chance d´y être né et je ne trouve pas un pays plus enviable.

Mais ma France n´est pas celle des arcs de triomphe, ni des exploits guerriers, ni des croisades religieuses, ce serait plutôt celle des troubadours, des Lumières, des soldats de l´an II, des utopistes de 1848, des Communards, de tous ceux qui, souvent obscurs ou persécutés, créèrent la Sécurité sociale et l´Europe de la paix. Ma France, c´est celle du Front populaire. Ma France, c´est celle des barricades de 1830, celle de Delacroix, celle des insurgés qui se levèrent contre la misère et la tyrannie, celle des camarades odieusemente trompés par ceux qu´ils mirent parfois au pouvoir. Ma France, c´est Louise Michel.



Marcel Mathiot
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sexta-feira, 18 de junho de 2010

José Saramago


Everton A. P.


A morte do escritor português José Saramago, nesta sexta-feira, aos 87 anos, é motivo de grande pesar a todos os amantes da literatura contemporânea, sobretudo, para os entusiastas da língua de Camões, língua esta tão bem representada e honrada por Saramago ao longo da sua vasta obra, sempre crítica e provocadora, que, como poucas, foi capaz de problematizar as questões mais caras do imaginário ocidental.

Crítico contumaz da Igreja, ateu confesso, a sua morte deixa aberta uma lacuna no mundo literário que dificilmente será remediada. Saramago foi um desses escritores que facilmente confundimos vida e obra. A escrita foi o seu instrumento para tornar público, ora tacitamente, ora explicitamente os seus valores e críticas no que tange a fé, ao Deus cristão e a Igreja.

Saramago, por meio da sua pena, soube nos dar o benefício da dúvida no que se refere aos valores estabelecidos, mostrando-nos o quanto nossas práticas são terrenas e fabricadas, ou seja, em Saramago não há transcendência ou fuga para outro mundo, a não ser para o mundo possível da literatura. É com grande tristeza que hoje comungamos a morte daquele que já se tinha feito um imortal em vida, José de Souza Saramago.


terça-feira, 1 de junho de 2010

Sept Ouvrages pour se souvenir de Louise Bourgeois


Figure majeure de l'art contemporain, la sculptrice franco-américaine est décédée lundi 31 mai à New York à l'âge de 98 ans.


LivresHebdo.fr


Plusieurs monographies et textes parus ou réédités pour l’occasion sont disponibles pour évoquer le figure et l’œuvre de Louise Bourgeois, qui s’est éteinte lundi 31 mai à New York à l’âge de 98 ans, et dont le Centre Pompidou avait présenté en 2008 plus de 200 œuvres, sculptures, installations, peintures et dessins retraçant le travail de cette artiste dérangeante et émouvante, intrigante et fascinante.

Flammarion a publié, dans sa collection “Création contemporaine”, "Louise Bourgeois", une monographie de la plasticienne signée Marie-Laure Bernadac, commissaire de l’exposition au Centre Pompidou et chargée de mission art contemporain au Louvre.

Actes Sud conserve des volumes de la troisième édition de "Louise Bourgeois : l’aveugle guidant l’aveugle", écrit par son amie Mâkhi Xenakis, qui revient sur les lieux de son enfance.

650 exemplaires de la monographie publiée par Phaidon en 2004 sont toujours en stock. L’ouvrage propose le texte d'entretiens avec le critique d'art Paulo Herkenhoff, ainsi qu’un essai sur son œuvre et un commentaire de l'installation de 1993 Cell.

Les éditions Beaux Arts disposent de volumes du hors-série paru au moment de la rétrospective Louise Bourgeois au Centre Pompidou, alors que le catalogue de cet événement édité par les éditions du Centre est malheureusement épuisé.

Côté textes, deux essais aux éditions de L’Echoppe, "Cinq notes sur l'œuvre de Louise Bourgeois" de Jean Clair, et "Louise Bourgeois femme maison" de Jean Frémon, permettent de mieux comprendre la démarche de la plasticienne.

Les écrits de l’artiste publiés par la galerie Lelong sont aussi disponibles : "Destruction du père-reconstruction du père : écrits et entretiens, 1923-2000".



quarta-feira, 7 de abril de 2010

Camus Revisitado


Catherine Camus, em parceria com a Maison d’éditions Michel Lafon rende homenagem à memória daquele que foi sem sombra de dúvidas o “homem revoltado” por excelência, Albert Camus.


Numa edição plena de fotos e registros históricos do filósofo do absurdo, Catherine Camus retraça a experiência intelectual de seu pai, seus amores, suas leituras, sua afecção teatral, transcendendo, desta forma, o que vem a ser o trabalho do biógrafo na composição do seu sujeito.



Albert Camus: Solitaire et solidaire
Catherine Camus
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terça-feira, 3 de novembro de 2009

L'ethnologue Claude Lévi-Strauss est mort


Roger-Pol Droit

L'ethnologue et anthropologue Claude Lévi-Strauss est mort dans la nuit du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre à l'âge de 100 ans, selon le service de presse de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) contacté par Le Monde.fr. Plon, la maison d'édition de l'auteur de Tristes Tropiques, a également confirmé l'information diffusée par Le Parisien.fr en fin d'après-midi. Claude Lévi-Strauss, qui a renouvelé l'étude des phénomènes sociaux et culturels, notamment celle des mythes, aurait eu 101 ans le 28 novembre.

A l'occasion de la publication de son oeuvre dans la "Bibliothèque de la Pléïade" en mai 2008, Roger-Pol Droit avait publié dans Le Monde un portrait de l'ethnologue que nous vous proposons de retrouver ici : A qui doit-on cette pensée immense ? Un philosophe ? Un ethnologue, un anthropologue, un savant, un logicien, un détective ? Ou encore un bricoleur, un écrivain, un poète, un moraliste, un esthète, voire un sage ? Seule réponse possible : toutes ces figures ensemble se nomment Claude Lévi-Strauss. Leurs places varient évidemment selon les livres et les périodes. Mais il existe toujours une correspondance, constante et unique, entre ces registres, usuellement distincts et le plus souvent incompatibles. Car cette oeuvre ne se contente pas de déjouer souverainement les classements habituels. Elle invente et organise son espace propre en les traversant et en les combinant sans cesse.

Depuis une naissance à Bruxelles le 28 novembre 1908 jusqu'à la publication, ces derniers jours, de deux mille pages dans la "Bibliothèque de la Pléiade", le parcours de Lévi-Strauss suit un curieux périple. Il commence dans l'atelier de son père, qui était peintre, se poursuit par une série de mutations dont l'inventaire comprend, entre autres, l'agrégation de philosophie, le choix de l'anthropologie, le parcours du Mato Grosso, l'exil à New York pendant la guerre, l'adoption de la méthode structurale, la notoriété mondiale, le Collège de France, l'Académie française et l'apparent retour à la peinture dans son dernier livre publié (Regarder écouter lire, Plon, 1993). Résultat : des voies nouvelles pour scruter l'humain.

Trait essentiel : l'exigence sans pareille de remonter continûment d'une émotion aux formes qui l'engendrent - pour la comprendre sans l'étouffer. Lévi-Strauss ne cesse de débusquer la géométrie sous la peinture, le solfège sous la mélodie, la géologie sous le paysage. Dans le foisonnement jugé imprévisible des mythes, il discerne une grammaire aux règles strictes. Dans l'apparent arbitraire des coutumes matrimoniales, il découvre une logique implacable. Dans le prétendu fouillis de la pensée des "sauvages", il met au jour une complexité, une élaboration, un génie inventif qui ne le cède en rien à ceux des soi-disant "civilisés".

Cette symbiose du formel et du charnel, il n'a cessé de la parfaire. Le choix que Claude Lévi-Strauss a opéré parmi ses livres pour "la Pléiade" le confirme. Mais à sa manière : indirectement, sous la forme, au premier regard, d'un paradoxe. Il est curieux, en effet, que les textes qui eurent le plus fort impact théorique n'aient pas été retenus. Ainsi ne trouve-t-on dans ce choix d'oeuvres ni Les Structures élémentaires de la parenté (1949), ni les deux recueils d'Anthropologie structurale (1958 et 1973), ni les quatre volumes des Mythologiques ! Le luxe suprême, pour l'auteur de chefs-d'oeuvre multiples, serait-il de les trier sur le volet ? Réunir notamment Tristes Tropiques, la Pensée sauvage, La Potière jalouse et bon nombre d'inédits, c'est proposer une lecture indispensable.

Malgré tout, on peut s'interroger sur les effets de sens induits par ce regroupement, les présences et les absences. Finalement, en écartant les travaux techniques qui s'adressent aux experts, cette "Pléiade" propose un Lévi-Strauss plus aisément accessible au public. L'ensemble déplace le centre de gravité vers la dernière partie de l'oeuvre, avec La Voix des masques (1975), Histoire de Lynx (1991), Regarder écouter lire. L'anthropologue se montre ici, globalement, plus écrivain que scientifique - à condition de ne surtout pas entendre par là un quelconque retrait de la réflexion au profit du récit et du plaisir du style. La force de ce maître est au contraire de toujours tenir ensemble et l'expérience sensible et son arrière-plan théorique.

On laissera donc de côté l'idée que les structures seraient des formes ternes, résidant dans des sous-sols gris. Elles habitent avec éclat les séquences chamarrées du monde, expliquent le système des masques indiens aux couleurs vives aussi bien que celui des mélodies de Rameau. Cette bigarrure bien tempérée est la marque de Lévi-Strauss. A New York, il apprit à fusionner l'insolite et le formalisme, en fréquentant André Breton aussi bien que Roman Jakobson. De Rousseau, il a retenu la fraternité de la nature perdue, de Montaigne le scepticisme enjoué, et le sens quasiment bouddhique de la discontinuité des instants. Mais il ne doit qu'à lui-même la fusion permanente de ces registres en un style.

Comment dire, par exemple, que le village bororo, de feuillages noués et tressés, entretient avec les corps de tout autres relations que nos villes ? "La nudité des habitants semble protégée par le velours herbu des parois et la frange des palmes : ils se glissent hors de leurs demeures comme ils dévêtiraient de géants peignoirs d'autruche." Une autre page de Tristes Tropiques précise : "C'est une étrange chose que l'écriture." Plus encore quand elle unit d'oeuvre en oeuvre mathématiques et poésie. Heureux ceux qui ont encore à découvrir.

http:www.lemonde.fr/carnet/2009/11/03/l-ethonologue-claude-levi-strauss-est-mort_1262337_3382.html#ens_id=