segunda-feira, 6 de agosto de 2012
"Sur la Route" com Jack Keroauc
terça-feira, 27 de dezembro de 2011
Weston à la Hussarde
Na edição que celebrava o jeito de ser desta espécie ameaçada que é o gentleman britânico, Monsieur, a revista do dandy contemporâneo, trouxe em seu "suplemento literário" alguns trechos de J. M. Weston, novíssimo récit do romancista Didier van Cauwelaert - publicado pelas Éditions du Cherche Midi - tendo a vida e a obra do lendário sapateiro como tema e inspiração. Entre humour et émotion - observa Monsieur - van Cauwelaert nous emporte dans la légende : on y croise le jeune Eugène Blanchard à Boston, mais aussi Maurice Utrillo, Marcel Aymé, Philippe Noiret, des présidents de la République jusqu´aux minets de la bande du Drugstore. C´est tout un pan de l´histoire du XXe siècle qu´on parcourt, léger, Weston aux pieds.
No extrait que Le Livre Messager apresenta aos seus webleitores, van Cauwelaert mostra como os calçados Weston, atendendo uma certa anglomania francesa, serviam de refinada alternativa à vulgaridade dos pontudos sapatos itailanos.
Longtemps, J. M. Weston n´a rien fait pour "coller" à son temps. C´est l´époque qui, parfois, a détourné son image de marque pour la remettre au goût du jour. Ainsi, la "bande du Drougstore", au début des années 1960, s´est-elle emparée du mocassin classique pour le marier au jean. Le "chic décontracté" va dès lors cohabiter avec la rigueur bourgeoise des richelieus et des derbys. Paradoxe étonnant, voici qu´une même marque illustre conjointement l´idéal frondeur des jeunes et les valeurs refuges de leurs parents.
Impers anglais de college boy en réponse aux blousons noirs des rockers, vestons à écusson, ras-du-cou en shetland et pantalons. Marinette à revers, ces jeunes issus du 16e, du 7e ou de Neuilly, la plupart lycéens en attente de Sciences po, fans de Ray Charles et Dave Brubeck, ont à coeur de se démarquer du rock´n roll de Bill Halley, Vince Taylor et Elvis Presley. Alors ils dansent, dans les rallyes du samedi soir, le madison, le tamouré ou la bossa-nova, fiers d´incarner un néo-dandysme anglomane pour qui les chaussures italiennes à bout pointu sont le summum de la vulgarité.
On ne peut se chausser qu´anglais, et quoi de plus anglais que les Weston, même si elles sont made in Limoges ? Pas dupes, et soucieux de distinguer par l´humour leur sobisme de celui de leurs parents, ils ne manquent pas de surnommer leurs mocassins fétiches des "Jean-Michel Veston".
Monsieur 91 - outubro - novembro de 2011 - pg. 99
segunda-feira, 8 de agosto de 2011
Leituras sobre a Ética do "Care", a Ética das Mães
quarta-feira, 20 de abril de 2011
Composition Française

Or, sous la plume véhémente des pourfendeurs du communautarisme, tous les vocables qui désignent celles-ci sont devenus suspects : identité, appartenances, racines et même cet enracinement où Simone Weil voyait le "besoin le plus important de l´âme humaine" évoquent pour eux la petitesse, l´étroitesse, l´enfermement, la servitude, voire la faute. À les en croire, le moi qui se laisse enfermer dans ses fidelités et sa mémoire singulières et fasciner par ses origines est non seulement un moi fermé à l´universel, mais qui doit renoncer aussi à l´authenticité, à la conquête de son "vrai" moi. Le corollaire de cette sentence est que la seule voie pour accéder à la liberté consiste à se dégager des appartenances. On ne peut devenir humain qu´en niant ce qui nous individualise et qu´au prix de l´arrachement à nos entours immédiats. C´est bien ce dont l´ecole française tâchait de persuader les petits Basques, Bretons ou Catalans : le renoncement à leur identité originelle, frappée d´une invincible infériorité, devait être le prix à payer pour leur émancipation.
Pareille conception, si on la pousse à son extrême logique, est vertigineuse, car elle tient que toutes les attaches sont des chaînes : la fidelité aux êtres qu´on aime, la pratique d´une langue, l´entretien d´une mémoire, le goût pour les couleurs d´un paysage familier ou la forme d´une ville, autant de servitudes. Dans ses versions les plus exaltées, elle voit dans toute détermination une limite et un manque. Mais que serait un individu sans déterminations ? Nous naissons au millieu d´elles, d´emblée héritiers d´une nation, d´une région, d´une familie, d´une race, d´une langue, d´une culture. Ce sont elles qui constituent et nourrissent notre individualité. Nul ne peut se former sans se référer à elles, et l´innovation elle-même comme la création doivent y trouver leur point d´appui. L´universalisme républicain exalte continûment l´individu désengagé, héroïquement liberté de tous ses liens. Encore faut-il les avoir noués pour pouvoir ensuite s´en défaire. Le discours intégriste des universalistes repose sur l´illusion d´une liberté sans attaches.
Ce qui nous oblige à nous défaire de cette illusion, c´est la pluralité de ces attaches. Je l´avais pour mon compte personnel trouvée dans le corbillon de mon enfance, mais chacun peut se prévaloir d´une expérience analogue. Les intégristes républicains d´aujourd´hui, en déclinant les appartenances multiples, territoriales, familiales, religieuses, professionelles, sexuelles, qu´ils baptisent si libéralement "communautarismes", et fustigent comme tels, font eux-mêmes l´aveu de cette pluralité. De fait, dans une societé de la division, de la contradiction, de la mobilité, aucune appartenance n´est exclusive, aucune n´est suffisante à assurer une identité, aucune ne saurait prétendre exprimer le moi intime de la personne, si bien qu´on peut se sentir à la fois français, breton, chercheur, fils, parent, membre d´un parti, d´une église, d´un syndicat ou d´un club. Chacun doit composer son identité en empruntant à des fidelités différentes.
Reconnaître la pluralité de ces identités, croisées, complexes, hétérogènes, variables, a plusieurs conséquences de grande importance. Pour commencer, la multiplicité s´inscrit en faux contre l´enfermement et la sécession identitaires. Dans un paysage aussi mouvant, l´identité ne peut plus être ce qu´on nous décrit comme une assignation à résidence dans une communauté culturelle immuable, une prison sans levée d´écrou. Rien ne serait plus néfaste, en effet, que devoir se considérer en toutes circonstances, et exclusivement, comme juif, breton, catholique, ou tout ce qu´on voudra, mais une telle contracture ne correspond en rien désormais à la réalité de nos vies.
La multiplicité, par ailleurs, nous interdit de considérer les identités comme passivement reçues. Certes, bien des groupes auxquels nous appartenons n´ont pas été volontairement élus par nous. Mais précisément : leur foisonnement même nous invite à ne pas les essentialiser, nous entraîne à les comparer, ménage pour chacun de nous la possibilité de la déprise ; car cette part non choisie de l´existence, nous pouvons la cultiver, l´approfondir, la chérir ; mais nous pouvons aussi en déprendre, la refuser, l´oublier. Même le moi qui s´engage conserve l´image du moi dégagé qu´il a été, qu´il pourrait redevenir : la possibilité du divorce est après tout la condition nécessaire du mariage heureux. L´appartenance alors n´a plus tout uniment le visage de la contrainte, elle n´est plus la marque autoritaire du collectif sur l´individu. Elle peut même être la signature de l´individu sur sa vie.
Composition Française
Retour sur une Enfance Bretonne
Mona Ozouf
Gallimard - Folio
quinta-feira, 10 de março de 2011
Riot Grrrls!

"Non, à Téhéran les femmes ne sont pas toutes voilées de noir de la tête aux pieds. Oui, elles ont le droit de vote et peuvent même être élues. Non, elles ne sont pas cloîtrées à la maison, et 60 % des étudiants sont des étudiantes. C'est sûr, la vie des pintades téhéranaises est pleine de contraintes et d'interdits. Au regard de la loi, elles ne valent que la moitié d'un homme. Leur quotidien est un pied de nez permanent à la censure, une lutte de tous les instants contre une république islamique qui ne leur fait pas de cadeaux. Découvrez une basse-cour voilée, mais pas prude! Plongez sous les voiles et derrière les portes, dans l'intimité de femmes ultra féminines, bourrées de contradictions, et pénétrez dans leur univers, à travers des chroniques, des anecdotes, leurs bons plans et leurs meilleures adresses remises à jour."
Depois da queda da monarquia e da instituição de uma teocracia islâmica, o Iran vive mais uma vez, a aurora de uma revolução; é o que nos mostra, em crônicas deliciosas, Delphine Minoui, autora de Les Pintades à Téhéran. Com bom humor, Minoui relata histórias incríveis de mulheres iranianas que, nas mais diversas realidades de atuação e a despeito de todos os obstáculos e perigos, não se rendem aos preconceitos e vão, com seus batons, chuteiras, notebooks, livros e megafones, construindo um novo amanhã para a terra dos aiatolás. Leitura imperdível!
quarta-feira, 16 de fevereiro de 2011
Leituras para o Ano: O Top 7 da última Rentrée de Alain Mabanckou

Le roman se déroule pendant l’automne 1945 au moment où les Alliés occupent Berlin et territoire allemand. Tout démarre lorsque des militaires français tombent sur une ferme isolée et découvrent le corps calciné d’un homme et une adolescente qui vit à l’état de « sauvage ». La singularité de ce roman est son glissement psychologique. La progression de l'enquête du capitaine français, astronome dans le civil , héros de Monte-Cassino, chargé d'administrer la zone occupée (un canton) et qui découvre avec effarement l'extermination des malades psychiatriques, va finir par aboutir à une approche calculée et cynique vis à vis des responsables du "traitement" des malades. Il poussera le psychiatre directeur de l'établissement à l'acte fatal. Ce livre est aussi une réflexion sur l'éclairage arbitraire selon que l'on est vainqueur ou vaincu, idéaliste ou idéologue, maître ou esclave. Un roman qui comblera tout cinéaste car, ici, Dugain tient presque un vrai scénario exceptionnel, avec des images de réalisation très abouties...
Apocalypse Bébé
Virginie Despentes
Dans ce roman décapant, le lecteur prends vite ses marques et se lance, lui aussi, de Paris à Barcelone, derrière les deux héroïnes qui sont à la recherche de la jeune Valentine. Un univers majestueux dans lequel le « trash » n’est pas forcement là où on l’attend, d’autant que les deux détectives privées à la recherche de la gamine ne sont pas des saintes…
Le Cœur régulier
Olivier Adam
Voici Olivier Adam qui fonce vers le Japon. Qui a dit que la littérature française était insulaire ? Adam est une grande exception : il habite en face de la mer, à Saint-Malo, l’appel du voyage est donc incessant. Ce voyage ne lui fait pas pour autant perdre ce qui a fait le succès et l’originalité de ses livres : la déconstruction de la disparition et l’échappée. Ce qu’illustre ici Sarah qui part pour le Japon pour chercher à comprendre la mort de son frère Nathan. Là certains auraient plongé dans l’exotisme et la mièvrerie, Adam a convoqué la force d’une langue poétique par ces
temps si rares…
Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut
Le bus dans la ville, le premier roman de Yahia Belaskri m’avait laissé pressentir qu’il nous préparait une autre introspection de la société algérienne et qu’il placerait au cœur de son récit l’énergie féminine – un aspect plus que sensible en Afrique où la condition fémine est plus qu’à déplorer. Dans Si tu cherches pluie elle vient d’en haut, Belaskri raconte le destin d’une jeune universitaire en proie au mur familial, mais aussi aux maux et « aux mots » qui gangrènent l’Algérie contemporaine : violence, corruption, extrémisme religieux. Faut-il résister, rester sur place ou prendre le chemin de l’ailleurs ? Ce destin de femme ne pouvait être esquissé sans mettre en exergue l’amertume d’un autre être confronté « au système » : Adel, un homme qui, de près ou de loin est liée à notre universitaire…
Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants
Mathias Enard
Haïti, Kenbe la, mon pays éventré en 35 secondes et tout à reconstruire,
La distribution des lumières
Stéphanie Hochet
quinta-feira, 13 de janeiro de 2011
De la Fragilité de la Langue Française
por R$ 49,92
quarta-feira, 5 de janeiro de 2011
Guia para orientar Leitores no Beco Escuro da Autoria
Antonio Gonçalves Filho
No entanto, o livro preferido de Scruton, Madame Bovary, foi escrito por um francês, Flaubert, este sim citado duas vezes na lista canônica do Sabático (com seus livros A Educação Sentimental e Bouvard e Pécuchet). Também citados duas vezes foram William Faulkner, Walt Whitman, Machado de Assis e Clarice Lispector. Mais de três vezes só foram mencionados os nomes de Kafka, Edgar Allan Poe, Borges e Guimarães Rosa.
E o que isso, afinal, significa? A escolha não é tão arbitrária quanto sugere a ausência de Shakespeare na lista. Até mesmo o crítico canônico por excelência, o poeta, ensaísta, biógrafo e moralista inglês Samuel Johnson (1709- 1784), guru extemporâneo de Bloom, tinha dúvidas sobre o bardo. Johnson considerava o poeta e dramaturgo neoclássico inglês William Congreve (1670-1729) superior a Shakespeare. Johnson era um anglicano conservador. Talvez preferisse as comédias licenciosas de Congreve às reflexões filosóficas de Shakespeare por alguma razão, mas não há como explicar sua miopia a respeito de Laurence Sterne, por exemplo - ele escreveu que o seu Vida e as Opiniões do Cavalheiro Tristram Shandy não duraria; o livro virou um clássico.
Os cânones são assim mesmo, "desconstrutíveis", como disse o crítico literário inglês Frank Kermode, morto em agosto. Eles são "instrumentos de sobrevivência feitos para resistir ao tempo, não à razão", definiu Kermode. Bloom, por sua vez, adora derrubar listas de acadêmicos e jornalistas representantes do que ele chamou de "escola do ressentimento", sempre prontos a promover supostos programas de transformação social. O que Bloom quer dizer é que não se compara Elizabeth Bishop (1911- 1979) a Adrienne Rich apenas por dividirem a cama com mulheres, e sim por serem boas poetas. O teste da nova canonicidade, segundo Bloom, passa por aí.
Nos EUA, por exemplo, é comum a lista canônica dos acadêmicos conceder atenção especial à política de cotas por minorias (sexuais, religiosas, políticas). "A ideologia desempenha um papel considerável na formação de um cânone literário", acentua Bloom, dividindo em seis ramos sua "escola do ressentimento", que confundiria posição estética com ideológica: feministas, marxistas, lacanianos, neo-historicistas, desconstrucionistas e semióticos. Bloom não acredita no estudo literário como uma "franca cruzada" pela transformação social. O cânone literário ocidental deveria rejeitar Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) por ser antissemita? Bloom, judeu educado em iídiche mesmo antes de aprender inglês, acha que não. Tanto que Viagem ao Fim da Noite (1934) aparece em sua lista canônica - e na da escritora Carol Bensimon - como a obra fundamental de um dos autores franceses mais influentes de todos os tempos.
Os bons escritores, defende Bloom, têm consciência da autossuficiência. Milton escreveu O Paraíso Perdido não para um leitor em particular, mas para satisfazer a si mesmo. Seu poema, defende, é mais que um épico bíblico. É uma fantasia literária precursora da ficção científica. Bloom, como se atesta, é um crítico solitário em sua defesa da autonomia do estético. Flaubert podia até ser considerado um "clássico socialista" pelo crítico norte-americano Edmund Wilson (1895-1972), mas não estava a serviço de ideologias, e sim da literatura.
O cânone ocidental do americano Bloom é assumidamente conservador. Adota a divisão postulada pelo filósofo italiano Giambattista Vico (1668-1744), crítico do racionalismo moderno e defensor da Antiguidade clássica, que identificou um ciclo de três fases na humanidade: a teocrática, a aristocrática e a democrática (aquela que vivemos, marcada pelo espírito de Beckett). Depois dela virá o caos e uma nova era teocrática, profetizou Vico. Demos voltas e mais voltas e acabamos no mesmo lugar. Beckett estaria certo? Impossível saber. Mas é possível ficar menos ignorante lendo seu Fim de Partida, que o novo talento da literatura mineira, Carlos de Brito e Mello, autor do elogiado A Passagem Tensa dos Corpos, recomenda em sua lista de leituras para este ano.
Estadão On Line
quinta-feira, 16 de dezembro de 2010
Remonter les Images, c´est remonter le Monde
La mémoire est saturée. Trop d’images, trop d’images produites. Il faut les remonter... en remonter non seulement l’histoire (comment, pourquoi elles sont ainsi, tel film, tel documentaire, tel journal d’actualité), décortiquer l’objet, mais les remonter différemment. Tous les objets humains sont manipulés et manipulables. Avec Walter Benjamin, on pense une image comme un éclair formant une constellation. Fragilité et complexité. Le montage dessine la constellation. Il faut du témoignage, du commentaire. Il devient “comme le socle du regard”. Il faut retrouver les gestes primordiaux, qui comme ceux accompagnant un mort, “fasse commencer une survivance”. Fermer les yeux pour les ouvrir.
Ainsi d’un texte monté, et remonté, des bouts de pellicule, de phrases qui traînent, attendant que les idées, les mots de la rue, les émotions, les traces de livres et les souvenirs s’y assemblent.
Lesen, veut dire lire et lier, “comme dans la vie de nos visages nos yeux ne cessent pas de s’ouvrir et de se fermer”.
Comme un artisan, le cinéaste Harun Farocki, remonte les pièces d’un impossible puzzle, et ne nous montre pas les effets des brûlures du napalm. Cela ne servirait à rien, nous oublierions. Alors il se brûle la main. Une cigarette brûle à 400 °. Le napalm à 3000°.
Avec cette analogie, cette représentation métaphorique, il crée un sens, un agencement nouveau, redonne à voir. Cette métaphore introduit une fiction, une différence. Elle nous laisse imaginer le pire, nous fait peur et, par cette marque, nous permettra de nous en souvenir. Et nous pouvons voir, même voir de nouveau, les yeux fermés.
C’est depuis toujours la fonction des métaphores. Utilisées depuis que l’homme pense pour créer du sens, agencer et relier des neurones entre eux, donc, le monde. Chaque image préexistante est augmentée d’un sens supplémentaire.
En épigraphe d’un autre livre ainsi : “Qu’est-ce donc que la vérité ? - Une armée mobile de métaphores.” Nietzsche. Mobile comme un regard.
Et nombre de travaux sur la mémoire nous apprennent qu’elle est l’objet d’un immense éventail de métaphores, de théories et d’interprétations, évoluant selon les époques, le contexte. Tablette de cire, bloc-notes magique, archive, bibliothèque, coffre, forêt, champ, labyrinthe, édifice, abysse. Aimant, rayon de miel, harpe, métier à tisser, madeleine.
La vérité est donc là, non pas cachée mais insaisissable dans sa totalité, dans la nuée d’images de la mémoire.
C’est un film à remonter, un livre à relire et relire encore.
“Or, au contraire, chacun des moments qui le composèrent employait, pour une création originale, dans une harmonie unique, les couleurs d’alors que nous ne connaissons plus et qui, par exemple, me ravissent encore tout à coup si, grâce à quelque hasard, le nom de Guermantes ayant repris pour un instant après tant d’années le son, si différent de celui d’aujourd’hui, qu’il avait pour moi le jour du mariage de Mlle Percepied, il me rend ce mauve si doux, trop brillant, trop neuf, dont se veloutait la cravate gonflée de la jeune duchesse, et, comme une pervenche incueillissable et refleurie, ses yeux ensoleillés d’un sourire bleu.”
Ses yeux ensoleillés d’un sourire bleu.
LivresHebdo
sexta-feira, 3 de setembro de 2010
O "J´accuse !" de uma romancista que é também operária do livro

Il ne parle plus de livres, mais de « produits », plus de lecteurs, mais de « clients ». Il condamne la variété de l'offre, obsédé qu'il est par « la diminution des stocks ». Son objectif ? « Vendre plus de best-sellers en les valorisant dès l'entrée du magasin ! » C'est un businessman très séduisant. Dans « Fahrenheit 2010 » (Stock, 16 euros), Isabelle Desesquelles le surnomme « Blondinet ». Il est petit, nerveux, a « une voix de poulie qui grince » et, soucieux de rentabilité, « se fiche éperdument des livres ».
Romancière sensible, Isabelle Desesquelles dirigeait la célèbre et centenaire librairie Privat, à Toulouse, que le groupe de Jörg Hagen a rachetée en 2005. En mars dernier, elle a demandé à être démissionnée. Elle avait l'impression de devenir « une poubelle ». Ce métier qu'elle aimait tant, qu'elle pratiquait si bien, le big boss de Chapitre.com (rebaptisé ici Lachaîne) l'a dénaturé et l'en a dégoûtée. Elle croyait à la vertu du temps, qui finit par récompenser les beaux textes aux tirages confidentiels ; elle voyait sa librairie comme « un lieu où le texte, né d'un tumulte intime, puisse respirer un peu ». On lui a ordonné d'en faire un supermarché, d'y vendre en priorité « le Journal d'un vampire » et des piles de « livres burgers », de porter un gilet orange et de placer des cartes de fidélité. Aujourd'hui, elle n'a plus de travail, mais elle a sa dignité. Erri De Luca, Marie Ndiaye et Jean-Paul Dubois, ses écrivains de chevet, viennent de perdre leur meilleure passeuse. Ce que Jörg Hagen préfère appeler « une caissière ».
terça-feira, 13 de julho de 2010
Un quatrième "Millénium" ?

La trilogie « Millénium », c'est comme l'ouverture des « Trois mousquetaires » : le quatrième est en route. En 2004, Stieg Larsson mourrait en laissant 320 pages dans son ordinateur portable, qu'il comptait fermement compléter. Cela n'avait rien d'un secret ; deux personnes étaient au courant.
Tout d'abord, Eva Gabrielsson, sa compagne de longue date qui avait étroitement collaboré à l'écriture de la trilogie - des trois premiers volets, devrait-on dire. Elle s'était jusqu'à présent efforcée de laisser planer le mystère autour de ce précieux manuscrit, déclarant d'abord qu'elle avait l'ordinateur en sa possession, avant d'affirmer qu'elle ignorait où se trouvait le texte. Dans tous les cas, Eva Gabrielsson refuse l'idée d'une publication avec la détermination d'une femme endeuillée et ne veut pas dévoiler le contenu de cette fameuse suite.
Mais John-Henri Holmberg, lui aussi, savait. Il en savait un peu moins, mais pouvait en dire un peu plus. Stieg Larsson et lui étaient amis depuis les années 1970. Ils s'étaient rencontrés dans une convention de science-fiction, comme beaucoup de gens qui sont devenus amis dans les années 1970. En 2004, son vieux copain millénariste lui avait envoyé un mail, dans lequel il donnait quelques informations sur ce travail en cours.
« L'histoire se déroule à 120 kilomètres de Sachs Harbour, sur l'île de Banks (nord du Canada) au mois de septembre », révèle Holmberg. Si on en croit le message, transmis à Associated Press, Larsson avait abattu un travail de documentation assez considérable sur la région. Le crépusculaire écrivain suédois écrivait ainsi :
« Savais-tu que 134 personnes vivent à Sachs Harbour, et que leur seul contact avec le monde est un avion postal qui passe deux fois par semaine quand le temps le permet ? Mais il y a 48.000 bœufs musqués, 80 types de fleurs sauvages qui éclosent en deux semaines au début du mois de juillet, et environ 1.500 ours polaires. »
Aux Etats-Unis, 50.000 exemplaires de « Millénium » se vendent chaque jour
Holmberg n'en sait pas plus, mais assure que Larsson devait avoir un plan qui permettrait de terminer l'histoire. De quoi faire saliver un bon nombre d'éditeurs, à commencer par le suédois Norstedts. Bien que les ventes se tassent en Europe (en France, le tome 1 entamera une seconde carrière en poche à compter de septembre), la vague Millenium bat son plein aux Etats-Unis. 50.000 exemplaires de la trilogie se vendent chaque jour. Le film tiré des « Hommes qui n'aimaient pas les femmes » marche très bien, sur un marché d'ordinaire fermé aux productions scandinaves. Un remake hollywoodien est d'ailleurs en cours de tournage.
Alors, stop ou encore ? Chez Norstedts, on juge la question « entièrement hypothétique ». « Nous n'avons jamais étudié ce manuscrit, nous ne savons donc pas s'il existe, à quel stade d'écriture il en est et dans quel état il se trouve », déclare la directrice de la maison, Eva Gedin. Jointe par AP, une marketeuse de chez Barnes & Noble juge que l'idée pourrait être bonne, si les écrivains chargés de la finition parviennent à « capturer la voix de Larsson ». Pour que Barnes & Noble en vienne à évoquer, dans la lignée d'un Pierre Brunel, une théorie vocaliste des constructions littéraires, il y a fort à parier que l'affaire pourrait être juteuse.
segunda-feira, 14 de junho de 2010
Samaanta : Le Mot de la Semaine
Le débat actuel sur le recensement et l´indication de la caste est un véritable noeud gordien où se mêlent questions sociales, politiques et historiques. Le point sensible n´est pas la question de l´identité, comme on essaie de le faire croire, mais la question de l´égalité, la samaanta, entre les citoyens de caste différente. En principe, les Hindous sont les seuls à appartenir, par leur naissance, à une caste. Or, dans ma familie de confession jaïne, on connaît parfaitement bien notre caste. La religion n´est donc pas une échappatoire à la caste, bien que le grand leader des dalits (les intouchables), Ambedkar, l´ait cru, en se convertissant au boudhisme pour sortir du système de castes. Il en va de même pour les chrétiens et les musulmans indiens chez qui on trouve des divisions de caste alors que ces religions n´en comportent pas. Ce sont les Britanniques qui ont établi une classification assez minutieuse des castes en Inde pour faciliter l´administration d´un pays si riche en diversité qu´il en devenait insondable aux yeux des colons. Ainsi le système immémorial des castes, déjà marqué par une hiérarchie inébranlable, a vu sa verticalité hiérarchique serait-elle en train de se transfomer en horizontalité égalitaire ? Pouvons-nous imaginer des castes qui subsitent seulement comme des groupements identitaires, tout en étant considérées sur un pied d´égalité, de samaanta ?
Gallimard - Tell
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Marc Gaborieau
Albin Michel - Planète Inde
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sexta-feira, 11 de junho de 2010
Coup de Boule
Ce n’était pas un mauvais geste, mais un attentat. Et pourtant, la sortie ultra-violente de Schumacher fait partie d’Eloge du mauvais geste d’Ollivier Pourriol. Un livre court qui relate les six mauvais gestes mythiques de l’histoire du football, des mains de Maradona ou Henry au coup de boule incompréhensible de Zidane en finale de la coupe du monde de 2006. Pourriol est connu pour ses cinéphilo, des conférences où la lecture de Socrate peut nous aider à comprendre Matrix. Là, il donne presque dans le « philo-foot », nous expliquant la part du mythe de Sisyphe dans les dernières minutes de la carrière de Zidane. Ce livre est passionnant. Pourriol donne envie d’aimer le foot certes, mais il nous fait comprendre aussi des choses inédites. Il décrypte Zidane et « son chef d’œuvre à l’envers », sa « perte de contrôle ultra contrôlée » et conclut que le footballeur « a réussi son échec d’une manière si éclatante qu’il l’a renversé en succès ». J’ai pensé à cette phrase. Au tout début, on a crié à la folie, au scandale. Et maintenant, avec les années, que pense t-on ? Il reste de ce geste une folie fascinante, car c’est ainsi que le plus grand joueur de tous les temps finit sa carrière. À dix minutes d’une possible seconde coupe du monde. Ce saccage est l’accomplissement ultime d’une carrière exceptionnelle. De cette finale, il ne reste aucun goût de la victoire des Italiens. Zidane leur a volé la postérité.
Oui, il faut lire le livre de Pourriol pour réfléchir à tout ça. Le pauvre Henry a beau avoir marqué les plus beaux buts de la décennie, ne demeurera sûrement dans l’esprit des gens que cette main qui a tant fait débat. Que reste t-il de Cantona ? L’image de son agression d’un spectateur. Que reste t-il de Maradona ? Sa main en quart de finale de la coupe du monde de 1986. Cette main qu’il qualifiera de « main de Dieu ». Lionel Messi, le meneur argentin actuel, et Ballon d’or, joue avec des Adidas mano de Dios ! On ne parle ici que de très grands joueurs. De génies. La transgression est l’apanage du génie. Etre un grand joueur ne nécessite que du talent. Alors voilà, ils sont là, avec leurs mauvais gestes, ils sont là au-dessus du temps. Et si la postérité c’était ça ? Ne devrais-je pas donner un coup de boule à un des membres de l’Académie Goncourt ?
sexta-feira, 4 de junho de 2010
"Saviano par Saviano": BibliObs publica extrait do mais novo bouquin de Roberto Saviano "La Beauté et l´Enfer"

« Ecrire, ces dernières années, m'a permis d'exister. Des articles et des reportages. Des nouvelles et des éditoriaux. Beaucoup plus qu'un travail, écrire a coïncidé avec ma vie même. Ceux qui pensaient m'obliger au silence en me faisant vivre dans des conditions impossibles se sont trompés. Ce que j'avais à dire, je ne l'ai pas tu, je ne l'ai pas perdu. Mais ça a été une vraie lutte, quotidienne, un corps-à-corps silencieux, comme un combat fantôme. Ecrire, ne pas me taire, c'était ne pas me perdre. Ne pas m'avouer vaincu. Ne pas désespérer.
J'ai écrit dans plus d'une dizaine d'habitations différentes, où je ne suis jamais resté plus de quelques mois. Toutes étaient petites ou minuscules, toutes, sans exception, terriblement sombres. Je les aurais voulues plus spacieuses, plus lumineuses, je souhaitais avoir au moins un balcon, un bout de terrasse ; j'en avais envie comme j'avais eu envie, autrefois, de voyages et d'horizons lointains. Pouvoir sortir, respirer, regarder autour de soi. Mais tout le monde refusait de me louer. Je ne pouvais pas choisir, arpenter la ville pour me chercher un lieu, je ne pouvais ? même pas décider seul de l'endroit où j'habiterais. Et si le bruit se répandait que je logeais dans telle rue, dans telle maison, j'étais aussitôt obligé de la quitter. Je ne suis pas le seul à connaître cette situation. Vous vous présentez pour visiter l'appartement que les carabiniers vous ont trouvé non sans peine, à force de négociations avec le propriétaire, mais dès que celui-ci vous a reconnu, ce sont toujours les mêmes réponses : « Si ça ne tenait qu'à moi, il n'y aurait aucune difficulté, mais j'ai des enfants, une famille, vous savez, je dois penser à leur sécurité » ; ou encore : « Moi, je vous le donnerais tout de suite, cet appartement, et gratis, mais les copropriétaires me tueraient. Vous comprenez, ici les gens ont peur.»
Il y a aussi les chacals, qui affichent leur solidarité : « Mais je vais vous la donner, moi, la maison » - avant de vous étrangler avec un loyer quatre fois plus cher : « Moi, pour sûr, je veux bien prendre le risque, mais vous savez, tout ça coûte cher, malheureusement.» Pourtant, à côté de toute cette peur, qui ne recouvre bien souvent que la lâcheté de ceux qui refusent de prendre parti - pour moi, en l'occurrence -, il y a eu également de nombreux gestes, de personnes que je ne connaissais pas et qui m'ont offert un refuge, une chambre, de l'amitié, de la chaleur humaine. Et même si, souvent, je n'ai pu accepter leur invitation pour des raisons de sécurité, j'ai écrit aussi dans ces lieux accueillants et chaleureux.
Bon nombre de pages réunies dans ce livre ont en fait été rédigées dans des chambres d'hôtel. Des hôtels qui se ressemblent tous, où j'ai passé ces dernières années, et que j'ai toujours détestés. Des chambres sombres, sans fenêtre et sans air. [...] A l'étranger, il m'est arrivé de ne rien voir d'autre, d'un lieu que j'avais peut-être rêvé de visiter autrefois, que ces chambres, et la silhouette de la ville derrière les vitres teintées d'une voiture blindée. On ne me laissait pas faire deux pas dehors, même avec l'escorte qui m'était affectée, ni même, souvent, dormir deux nuits de suite dans le même hôtel. C'est dans les lieux qui affichent un taux maximal de civilité, de paix, de tranquillité, auxquels le crime et la mafia semblent totalement étrangers, que les gens me traitent comme si j'étais susceptible de leur exploser en pleine figure. Ils sont très courtois, très organisés, mais ils me prennent avec des gants - des gants de cérémonie ou d'artificiers, allez savoir. Et moi, je ne sais plus si je suis un paquet-cadeau ou un colis piégé.
Plus fréquemment encore, j'ai vécu dans des casernes de carabiniers. Dans les narines, l'odeur de la graisse qu'utilisaient mes voisins pour leurs chaussures ; dans les oreilles, le bruit de fond de la télévision qui retransmettait des matchs de foot, et leurs jurons quand ils étaient rappelés pour le service ou que l'équipe adverse marquait. Samedi, dimanche, jours mortels, dans le ventre quasi vide d'une grande et vieille baleine faite pour l'action. [ ...]
Pourtant, tu peux écrire. Tu dois écrire. Tu dois et tu veux continuer à écrire. Le cynisme propre à bon nombre d'écrivains laisse toujours filtrer une forme de méfiance envers tout ce qui ne suit pas un but précis, un dessein clair. Ou le détachement de celui qui veut seulement faire un bon livre, construire une histoire, polir ses mots jusqu'à obtenir un style beau et reconnaissable. [...] Mais dans le privilège de leurs existences désillusionnées et protégées, ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'écrire veut dire.
Ecrire, aujourd'hui, c'est également pour moi un moyen de donner voix à la douleur que j'ai éprouvée les premiers mois, quand le vent de la calomnie et des accusations mensongères enflait proportionnellement aux ventes de mon livre. Les premiers temps, quand des informateurs zélés me les rapportaient, je me sentais l'estomac retourné par la rage.
terça-feira, 18 de maio de 2010
Maio, 1933: Quando a Literatura virou Cinzas
O autor norte-americano Ray Bradbury publicou em 1953 o “Fahrenheit 451” , obra de ficção científica que narra um futuro onde os livros são proibidos, as opiniões pessoais são consideradas antissociais e qualquer pensamento crítico é suprimido. O número 451 refere-se à temperatura (em Fahrenheit) a qual o livro incendeia. A obra foi um sucesso imediato porque os livros sempre simbolizaram a essência da liberdade de expressão. Por isso mesmo, nem sempre foram respeitados pelas civilizações passadas, ou serão pelas futuras. Queimar livros em praça pública é uma prática histórica, quase um rito em muitas épocas e em muitas regiões do planeta. Esse tipo de queima remonta de séculos antes de Cristo, sendo em geral praticado pelo “Estado constituído” ou por fanáticos religiosos. O medo do poder da literatura sempre foi uma fraqueza dos homens totalitários, que ora representavam o Estado, ora a religião, ou sociedades anarquistas.
Durante o século XIII, a Igreja Católica lançou uma campanha brutal contra os cátaros (seita cristã politeísta), culminando na Cruzada dos Albigenses. Quase todos os textos cátaros encontrados foram destruídos, num gigantesco esforço para extirpar suas crenças heréticas, tendo sobrado pouca coisa. A cada século é possível identificar vários episódios onde os livros viraram cinzas, não sendo diferente no século XX. Em agosto de 1914, fase inicial da Primeira Guerra Mundial, a biblioteca da Universidade de Leuven, na Bélgica, foi incendiada pelo exército alemão como retaliação. Entre os milhares de volumes queimados estavam manuscritos góticos e renascentistas. A brutalidade chocou e despertou grande consternação em todo o mundo. O grande poeta romântico alemão Heinrich Heine (1797-1856), em sua obra “Almansor” (1821), relatava a queima do Alcorão durante a Inquisição Espanhola (”Onde se queimam livros, ao final vão se queimar também seres humanos”). Heine sabia das coisas e um século mais tarde seus livros foram torrados em praça pública numa das mais estarrecedoras queima de livros da história moderna da civilização, a Bücherverbrennung, uma ensandecida queima de obras literárias promovida por Hitler meses após assumir o poder.
Os fatos revelam a barbárie. Em 6 de abril de 1933, uma “coisa” chamada Associação Estudantil Alemã para Imprensa e Propaganda proclamou um “Ato Nacional contra o Espírito Não-Germânico”, de modo a “depurar” (säuberung) a literatura alemã através do fogo. Em 8 de abril, a mesma Associação, obviamente com todo apoio do Estado nazista, publicou uma coletânea de doze “artigos” que apresentavam os requisitos para se obter uma cultura nacional “pura”. Mas a tragédia aconteceu mesmo a partir de 10 de maio de 1933, quando os estudantes atearam fogo em mais de 25 mil livros considerados “impuros”. Na mesma noite, uma legião deles marchava em desfiles de protesto, carregando tochas e bradando palavras de ordem contra o espírito “não-alemão”. Pilhas e pilhas de livros eram queimadas por todos os cantos do país, ao som de bandas, discursos em uma insana apoteose ritualística contra qualquer intelectual não alinhado com o nazismo. O objetivo nacionalista, tendo a frente o sinistro Joseph Goebbels, ministro da propaganda, era realizar uma “limpeza” na literatura do país.
Autores como Einstein, Stefan Zweig, Heine, Thomas Mann, Freud, Erich Kästner, Erich Maria Remarque, Ricarda Huch, Brecht, Lion Feuchtwange, Alfred Kerr e centenas de outros foram banidos das bibliotecas alemãs. Mas nem todos intelectuais foram contra, como o poeta Hanns Johst, que justificou a queima alegando a “necessidade de purificação radical da literatura de elementos estranhos que possam alienar a cultura germânica”. As editoras reagiram com oportunismo, a burguesia se distanciou, se omitiu apavorada (deixando a responsabilidade aos universitários), alguns países fizeram a chamada “vista grossa” alegando que a queima era “fanatismo estudantil”, e os livros foram queimados rotineiramente até junho do mesmo ano.
Em 1933, o já celebre Thomas Mann (Prêmio Nobel em 1929) foi embora do país e nunca deixou de vociferar contra a situação (”nunca parei de meditar sobre minha situação. Se tivesse ficado ou retornado à Alemanha, talvez já estivesse morto. Jamais sonhei que no fim da minha vida seria um emigrante, despojado da nacionalidade, vivendo desta maneira!“).
Em 1934, a “lista negra” nazista já incluía mais de três mil obras proibidas. Reza a lenda que Freud ao saber do fato teria dito: “É um grande progresso em relação à Idade Média. Agora queimam meus livros, naquela época eu mesmo seria jogado na fogueira”. Mas muitos autores não conhecidos, alguns de grande talento, sequer conseguiram se resgatados pela memória. O ensaista Volker Weidermann, autor de “O Livro dos Livros queimados” (Das Buch Der Verbrannten Bucher), de 2008, conseguiu desenterrar 131 desses escritores (Lion Feuchtwanger, Emil Ludwin, Heinrich Mann, Theodor Plevier, Erich Maria Remarque, etc.), sendo que a maioria dos “queimados” nunca foi resgatada. Ficou a citação de Philip Roth: “Todos os escritores queimados pelo III Reich foram dignificados pelas chamas.”
Na semana passada, o “Dia da Queima” foi lembrado em Berlim e outras cidades. Homenagens, cerimônias e eventos marcaram a recordação daqueles tristes dias, quando o culto não era ao livro lido, mas ao queimado. Passados 77 anos, ainda dói.
sexta-feira, 14 de maio de 2010
Jean-Louis Dumas, le Génie d'Hermès

C'était ça le style Jean-Louis Dumas : la classe sans se prendre au sérieux, la rigueur protestante mêlée à une fantaisie débridée. Cet homme vif, chauve, pince-sans-rire, au charme illimité, a été le bon génie d'Hermès qui, sans lui, serait peut-être resté un antique sellier parisien au lieu de devenir la plus prestigieuse de marques de luxe au monde.
Jean-Louis Dumas faisait partie de la cinquième génération d'héritiers du fondateur Thierry Hermès par sa mère Jacqueline Hermès, épouse Dumas. Son pendant près de vingt ans, après son grand-père, Émile Hermès.
Après Sciences Po et l'Algérie, il part travailler pour le grand magasin Bloomingdale's à New York. Pluis il accomplit son voyage initiatique Paris-Katmandou au volant d'une 2CV. L'influence de l'Inde marquera définitivement son univers créatif. De retour au bercail, il rejoint la maison familiale, comme nombre de ses aïeux et cousins, et prend sa tête en 1978. Il lui aut alors s'imposer dans ce cénacle où la voix de chaque représentant de la vénérable famille compte. "Un jour, je l´ai vu sortir radieux d´un conseil d´administration durant lequel il avait réussi à obtenir gain de cause pour un investissement qui allait affecter les dividendes que les 70 membres de la famille allaient toucher", raconte un ancien de la maison.
Quand il en prend les rênes, Hermès pèse l'equivalent de 42 millions d'euros de chiffre d'affaires. Une PME. En 2009, celui-ci a atteint 1,9 milliard. Entre-temps, Jean-Louis Dumas a introduit la société en Bourse en 1993, où elle vaut aujourd'hui plus de 10 milliardes d'euros, une somme considérable pour sa taille. Il l'a internationalisée, diversifiée et l'a propulsér dans le XXI siècle. La prestigieuse enseigne s'est posée sur 300 magasins aujourd´hui dans le monde, dont des navires amiraux comme l'immeuble de verre construit à Tokyo par Renzo Piano. Rena Dumas, l´épouse d'origine grecque de Jean-Louis décédée en avril 2009, conçut également de nombreuses "maisons Hermès" sur tous les continents avec son agence RDAI.
Ce socle historique réaffirmé n'était pas pour autant synonyme de fossilisation. En même temps qu'il relance le Kelly, créé dans les années 1930, Jean-Louis Dumas demande à Jane Birkin, rencontrée dans un avion, ses idées pour imaginer le sac qui allait porter son nom et devenir la seconde icône de la maison du faubourg. Il lance les montres, la vaisselle, achète les Cristalleries Saint-Louis, le chapelier Motsch, l'orfèvre Puiforcat pour constituer, avec le bottier John Lobb acquis en 1976, un petit groupe d'entreprises réunies par la même fois dans un travail bien fait. Cette même passion le fait s'égarer à investir chez le fabricant de ses appareils photo fétiches, Leica, dont le groupe a dû se séparer ensuite. Plus audacieux encore, il prend en 1999 un tiers du capital de la maison de l'enfant terrible de la mode de années 1980, Jean Paul Gaultier, à qui il demande de dessiner les collections féminines d'Hermès, après le départ de Martin Margiela, déjà l'un des créateurs les plus radicaux qui soient.
Jean-Louis Dumas sortait rarement sans son Leica et son petit carnet rouge, sur lequel il griffonnait ses croquis. Au 24, Faubourg-Saint-Honroé, il vivait comme dans son "château magique". Au sommet de l'édifice, son bureau ouvrait sur un jardin terrasse où il aimait emmener ses visiteurs admirer son magnolia et son pommier.
"Esthète et excellent homme d'affaires", selon son successeur Patrick Thomas, Dumas s'est attaché toute sa carrière à maintetenir l'entreprise entre les mains de la famille. En 1989, il avait modifié ses statuts pour créer une commandite. Les héritiers contrôlent toujours 70% du capital, malgré les coups de boutoir de prédateurs et les spéculations des marchés financiers depuis qu'il s'est retiré en mars 2006, pour faire face à la maladie. Pour la première fois, un manager extérieur à la famille avait pris les commandes. Avec son fils, Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique du groupe Hermès depuis février 2009, la sixième génération d'Hermès monte en puissance.
Aliança Mundial contra as Desigualdades: Danielle Miterrand debate com Ladislau Dowbor e Bernardo Kliksberg em Conferência Internacional

Os três debatedores insistiram na premissa de que a ética deve ser a norteadora de um modelo econômico mais inclusivo e socialmente mais justo, que diminua o enorme fosso que separa os mais ricos dos mais pobres. “O centro do dilema é que 60% da população mundial consome menos de 6% de toda a riqueza produzida”, argumenta Dowbor. “Não é justo apenas uma minoria desfrutar o fruto do trabalho de todos”, frisa Danielle.
Ela pergunta se estamos prontos para reconhecer nossos erros e entender que é a Terra, nosso lar, a grande produtora de bens comuns. “O ar, a água, a terra, o fogo/sol, fonte de calor e energia, não são mercadorias. Estamos prontos a mudar nossa forma de produzir, a sair do domínio do dinheiro, visto como única fonte de poder e felicidade? Estamos prontos para construir um projeto de sociedade humana que responda à nossa busca da alegria de viver?”
No entender de Danielle, vivemos uma crise de democracia, porque os cidadãos, especialmente os jovens – os que mais renegam esses processos injustos e sem sentido – não se sentem ouvidos nem representados. “Somos todos culpados pela não assistência às vidas em perigo e pela transformação da água em commodity. Esse é um dos mais graves problemas a serem resolvidos: fazer com que os bens vitais sejam protegidos e acessíveis a todos”, exorta ela.
O acesso à água também foi apontado por Bernardo Kliksberg como um dos indicadores mais preocupantes da desigualdade. “O nível de consumo de água recomendado por habitante é de 20 litros por dia. Na Europa cada pessoa consome 200 litros ao dia, nos Estados Unidos, 400 litros. Enquanto isso, os mais pobres consomem 5 litros por dia de água contaminada”, afirma.
Os dados trazidos pelo economista argentino impressionam. “Metade dos leitos hospitalares do mundo está ocupada por vítimas de doenças decorrentes da água contaminada. Ela mata mais do que toda a violência e todas as guerras juntas”, alerta.
Kliksberg citou, ainda, outros indutores da pobreza e da injustiça social: a falta de acesso a alimentos e educação de qualidade, a discriminação de gênero – com destaque para o que chamou de “feminicídios” –, o trabalho infantil (uma em cada 100 crianças trabalham no mundo, 17 milhões), a mortalidade de mães, a falta de perspectiva de um futuro digno para os jovens. “Na América Latina, o continente mais desigual do mundo, a situação é de alto risco, pois um em cada cinco jovens está fora do sistema educacional – o que significa uma bomba-relógio social, pela quantidade de excluídos do mercado de trabalho”, explica.
Outros dois problemas dessa lista, que ele denomina de “escândalos éticos”, são as mudanças climáticas e a desigualdade de patrimônio. “Os mais pobres sofrem 80 vezes mais o efeito do aquecimento global. Os 10% mais ricos detêm 85% do capital mundial, enquanto os 50% mais pobres ficam com apenas 1%. E o pior é que permitimos tudo isso”, ressaltou.
Além de políticas públicas voltadas ao bem comum, as empresas têm papel importante no enfrentamento desses dilemas. “É preciso educar os líderes para a responsabilidade socioeconômica e romper o patamar da empresa narcisística – que só pensa no lucro imediato – e filantrópica. Os empresários, além de praticar a transparência, têm que se preocupar com a marginalidade e a diminuição da pobreza e da desigualdade”, defende ele. “Temos que reconstruir o planeta sobre bases de solidariedade e responsabilidade compartilhada”, conclui Kliksberg.
Livro de Kliksberg valoriza ser humano
O economista argentino Bernardo Kliksberg promoveu, logo após a palestra, o lançamento do seu livro “As Pessoas em Primeiro Lugar”, escrito em parceria com o Prêmio Nobel de Economia de 1998, o indiano Amartya Sen.
A obra, uma reunião de artigos e conferências da dupla de autores, nas palavras do próprio Kliksberg, acaba “não sendo apenas um punhado de denúncias”, mas, sim, propostas que tentam combater a desigualdade “como origem dos problemas centrais dos países em desenvolvimento”. “Queremos dar voz aos excluídos e esquecidos” disse Kliksberg, enquanto uma pequena platéia esperava pelo autógrafo do autor, que completou: “É uma tentativa de trazer os invisíveis a público”. O livro pode ser encontrado no estande de vendas de livros durante a Conferência Ethos, que termina na sexta-feira, 14 de maio.
sexta-feira, 7 de maio de 2010
Mais do Mesmo

Michel Onfray com o seu último bouquin "Le Crépuscule d’une Idole", reacendeu a discussão acerca do pai da psicanálise. Esta aproximação ou reaproximação de Onfray propôs uma "certa" imagem do autor de "L’Interprétation du Rêve" e de "Le Malaise dans la Culture" . Toda aproximação tem a potencialidade de interpretar e de criar uma imagem do objeto analisado independentemente da sua natureza e é esta imagem do monsieur Freud que está em questão no cenário intelectual francês a partir deste recente lançamento.
Em tempos de afasia intelectual e diante de uma considerável queda na venda de livros na França é plausível conceder o benefício da dúvida à todos aqueles que desconfiam de que o referido livro de Michel Onfray não passa de mais uma jogada editorial com a finalidade de dar um “up” nas vendas, a simplesmente contribuir para um debate autêntico no campo das idéias no que se refere à um dos autores mais polêmicos e comentados dos últimos cinqüenta anos.
A grande questão que se põe não é julgar se estamos diante de uma obra referencial que contribuirá para o avanço das pequisas acerca de Freud ou da psicanálise. A questão ainda não é esta. A questão que se põe é a obrigatoriedade de ler o livro de Onfray. Julgar se o livro é relevante ou não vem a-posteriori, (fato causador do riso de Joconda dos editores).
À defesa de Freud montam fronte Elisabeth Roudinesco de "La Part Obscure de nous-même" e Julia Kristeva autora de "Etrangers à nous-même" . Os temas caros à Freud e à psicanálise, como o inconsciente, a histeria, entre outros, fogem da ordem do dia, ou seja, não formam o cerne da discussão, mas sim saber se o pai da psicanálise foi ou não um egoísta, narcisista, amante da cunhada e da fama a qualquer preço e, acima de tudo, um colabo da gestapo. Enfim qual Freud escolheremos? De qual lado do fronte estaremos? Seremos obrigados a ler o bouquin de Onfray? Pas de l’inconscient, maintenant Il faut de patience.
quarta-feira, 28 de abril de 2010
O Império Futurista de Pierre Cardin
Você conhece Pietro Cardin muito mais do que imagina. É que Pierre – o nome que ele adotou quando mudou da Itália pra França – emprestou seu nome pra cerca de 800 produtos licenciados durante sua carreira, que já completa 60 anos em 2010. As chances de você já ter comprado alguns deles, desde uma gravata até mesas, cortinas, comida e cigarros, é enorme.
Mas apesar da banalização do próprio nome, desde que fundou sua marca própria em 1950 Pierre Cardin é um dos grandes nomes da moda. Suas criações são facilmente reconhecidas pelo jeitão futurista, com formas geométricas remodelando o corpo feminino. Tudo começou em 1945, quando ele se estabeleceu em Paris e trabalhou pra Jeanne Paquin e Elsa Schiaparelli. Foi lá que conheceu Jean Cocteau – e assim fez o figurino do filme clássico “A Bela e a Fera“. Ele ainda passou pela Maison Dior e ajudou a produzir o “New Look” de 1947.
Apaixonado pelo mundo das artes, Pierre desenhou máscaras e figurinos pra teatro e em 1954 criou o vestido bolha, que virou sucesso mundial. Foi também o ano de abertura de sua 1ª loja, a “Eve”, logo seguida pela “Adam”, de moda masculina. Gerou polêmica em 1959 ao criar uma coleção de prêt-à-porter feminino para a Printemps e virou persona non grata da alta-costura, expulso da “Chambre Syndicale de la Couture Parisienne” por ter se popularizado – onde foi readmitido tempos depois.
Suas roupas eram a cara dos anos 60, e em 1964 a coleção “Cosmos” trouxe a idéia de moda unissex com túnicas que podiam ser usadas por homens e mulheres. A partir daí, foram mil e uma formas de expansão da marca, principalmente em viagens ao redor do mundo englobando Japão e a China – onde passou a produzir suas criações, adiantando o movimento da indústria da moda em relação ao país comunista. Pierre Cardin virou uma máquina de lucro, crescendo em proporções gigantescas e garantindo seu lugar entre os empresários mais ricos da França.
O império Cardin é formado pela marca – o extenso número de lincenciamentos abriu portas pros nomes de estilistas em diversos produtos que vemos hoje – além de inúmeras propriedades, como o palácio de Casanova em Veneza, o castelo do Marquês de Sade e a cadeia de restaurantes e hotéis Maxim’s. Esses são os lugares que recebem festivais e peças de teatro patrocinados por ele – parece ser essa a forma que estilista encontrou de aproveitar o fim de sua vida, aos 87 anos.
MSN Moda Lilian Pacce





